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Fabienne Servan Schreiber: « Henri Weber était un homme hors du commun »

Ce vendredi à 7h45, Fabienne Servan Schreiber était l’invitée de Laurence Khan dans le Morning d’Ilana Ferhadian. La productrice a présenté en exclusivité son film: « Henri Weber : le rouge et la rose », qui sera diffusé dimanche 9 mai à 22h40 sur France 5.

Fabienne Servan Schreiber est la femme qui a partagé pendant 47 ans la vie de Henri Weber, ancienne figure politique du paysage français. Aujourd’hui productrice, et présidente de la société Cinétévé, dans ce documentaire réalisé par Patrick Rotman, elle revient sur la vie de cet homme. Une vie qui ressemblait à celle « d’un roman » selon son ami Laurent Fabius. « Il était une fois un Juif polonais né aux goulags, un camp de travail de l’union soviétique, qui devient sénateur de la République. C’est l‘histoire d’un leader de Mai 68 qui devient dirigeant du partie socialiste. C’est l’histoire d’un homme qui aimait passionnément la vie, et ses plaisirs. « Pour Fabienne Servan Schreiber, Henri Weber était « un homme hors du commun ».

Une affirmation qu’elle explique à travers la vie de l’ancien député européen. Henri Weber, c’est d’abord l’histoire d’un enfant d’origine juive polonaise, né à Khodjent au Tadjikistan (anciennement Leninabad), dont les parents ont été contraints au travail forcé dans les goulags soviétiques.

Une histoire personnelle qui lui donnera la force de s’engager dans des combats politiques incontournables. La guerre d’Algérie par exemple, et Mai 68 en France. Ce militant infatigable, né pendant la Seconde Guerre mondiale, fera ses premières armes à l’Hashomer Hatzaïr, qui sont des scouts juifs laïques d’inspiration socialiste. Avant de s’engager avec les communistes à l’âge de 20 ans.

Fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) avec Alain Krivine, et Daniel Bensaïd, anciennement la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Ce mouvement est alors reconnu comme le courant le moins réfractaire du « trotskisme » français.

Son parcours, et son indéniable « charisme » selon Fabienne Servan Schreiber, l’ont amené à occuper de hautes fonctions politiques, sous les couleurs du Parti socialiste. Passant de sénateur à député européen, il abandonnera ses idées révolutionnaires « violentes », fortement imprégnées du Marxisme, en faveurs d’idées plus adaptées au monde actuel. Pour la réalisatrice, il n’a jamais renié son parcours de militant « j’ai laissé tomber une utopie chimériste pour une utopie réaliste », avait affirmé Henri Weber. 

Même s’il change de méthode, ses combats ne s’arrêtent pas. Dans le documentaire, Fabienne Servan Schreiber revient sur sa détermination à s’engager pour l’Europe. Car selon la productrice, Henri Weber pensait qu’aucun « des problèmes actuels; justice, écologie, terrorisme, ne pouvait être résolu à l’intérieur des frontières nationales ».

Il rêvait de réformisme, et de sociale démocratie. Une conscience politique qu’il gardera « toute sa vie ». Une façon de penser que l’on pourra voir dans le film. D’un point de vue personnel, la présidente de la société Cinétévé le décrit comme « un homme qui aimait la vie, il avait un humour décapant. Sa bienveillance est aussi représentative de sa personne« , avoue Fabienne Servan Schreiber avant d’ajouter qu’elle reste une de ses groupies, puisqu’elle l’a accompagné dans la plupart de ses combats, dans sa vie pendant presque 50 ans.

Mort le 26 avril 2020, emporté par le coronavirus à l’âge de 76 ans, Henri Weber, cette grande figure de la gauche est immortalisé dans ce documentaire. Même si la réalisation a été complexe, selon Fabienne Servan Schreiber, ce film essaye de représenter Henri Weber dans toutes ses facettes, aussi bien publiques que personnelles.

Lissa Dasylva