La Radio Juive

Tragédie de Méron: « La responsabilité de chacun est engagée », la chronique de Raphaël Jerusalmy

(Crédit: DR)

C’était dans sa chronique hebdomadaire sur Radio J ce mardi 4 mai à 7H20. Au micro d’Ilana Ferhadian, Raphaël Jerusalmy, ancien officier du renseignement israélien et auteur du livre, « Des Sex Pistols à l’Intifada : Confidences d’un officier israélien du renseignement » (Editions Balland) est revenu sur la tragédie de Méron et des menaces terroristes qui pèsent sur Israël.

Pour Raphaël Jerusalmy, certains enseignements sont à tirer de cette tragédie, notamment l’implication des autorités sur la gestion de l’événement, puisque le mont Méron n’est pas géré par l’Etat. Et lors de cette tragédie, aucun véritable organisateur n’était vraiment fixé ni de personnes en charge à qui s’adresser. L’ancien officier du renseignement déplore également le manque de service d’ordre, « qui aurait dû être organisé par les rabbins eux-mêmes par exemple, afin d’aiguiller les gens d’un endroit à l’autre au sein de l’événement ».

Mais cela ne s’arrête pas là pour Raphaël Jerusalmy, car la « responsabilité individuelle de chacun était aussi engagée », dans la mesure où « quand il y a un chaos pareil, vous n’emmenez pas vos enfants dans ce genre d’événement ».

Mais en fin de compte, la responsabilité vient principalement de la Cour suprême. Cette dernière a gelé un arrangement qui aurait donné la possibilité à Méron d’être sous un contrôle beaucoup plus strict de l’État, de la police, et des autorités publiques. Pour Raphaël Jerusalmy, cela est la cause de pression politiques, et notamment de partis religieux, qui en favorisant le de cet arrangement bloquent depuis trois ans d’éventuels travaux. Ces enseignements mettent aussi en lumière un autre danger. Certaines mouvances religieuses et notamment anti-sionistes, qui expriment leur volonté d’autonomie et de non-ingérence dans leurs affaires.

En ce qui concerne la politique du pays, à quelques heures de la date butoir pour former un gouvernement, cette tragédie n’aura vraisemblablement pas d’incidence sur le cours des tractations pour Benjamin Netanyahou. Car les partis politiques avaient déjà leurs exigences et conditions bien avant le drame du mont Méron.

La tragédie du mont Méron n’est pas le seul sujet d’inquiétude. Les attaques terroristes se multiplient, avec notamment l’attaque au cocktail molotov de ce week-end. Pour Raphaël Jerusalmy, même si le Hamas exprime une frustration croissante concernant les dernières élections annulées, ces attaques ne sont malheureusement pas nouvelles. Elles se passent chaque année autour de dates clé : la fin du ramadan, le jour de la Nakba… Toutes ces dates peuvent faire l’objet d’événements violents. Même si le Hamas est soumis à l’exigence du cessez-le-feu imposé par les Nations unies.

Lissa Dasylva 

LE 04-05-21 - 19:30