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Olivier Rafowicz sur Radio J: « Il y a une fatigue générale en Israël »

Olivier Rafowicz, colonel de réserve israélien, ancien porte-parole de Tsahal, était l’invité de Steve Nadjar dans le Grand Journal sur Radio J mardi après-midi. Il revient sur la situation sécuritaire et politique tendue en Israël. 

Olivier Rafowicz explique qu’il existe plusieurs raisons à l’actuelle situation tendue en Israël. « D’après les  estimations et analyses de l’armée israélienne, nous sommes dans la phase la plus dangereuse que nous connaissions depuis 3 ans face aux Palestiniens ». La première est liée au fait que les tensions sont réapparues lors de la phase de réveil après coronavirus. La pandémie les avait calmées, voire éteintes. 

La deuxième raison est le Ramadan, « qui est toujours une période favorable aux violences ». Enfin, « il y a un conflit interpalestinien entre le Hamas et le Fatah qui est lui même divisé en 3 ». 

Le lien entre la dégradation de la situation sécuritaire et la situation  politique interne, notamment avec le report des législatives du 22 mai, est selon Olivier Rafowicz un « lien direct ».  « Mahmoud Abbas a utilisé le prétexte israélien de Jérusalem pour annuler des élections » et « nous sommes dans une phase qui peut aller en escalade ». La situation ne risque pas de s’apaiser, car « c’est un Hamas qui veut montrer qu’il est le plus fort, le plus guerrier dans la lutte contre Israël » . 

Olivier Rafowicz revient sur ces cas d’attaques terroristes qu’on ne peut pas qualifier de « loups solitaires », en citant les deux étudiants blessés d’une balle dans la tête. Les terroristes leur ont tiré dessus lorsqu’ils se trouvaient à un arrêt de bus, à l’aide de kalashnikovs. Un autre cas: celui d’une femme de soixante ans qui s’est attaquée à des israéliens avec un couteau. 

Quant à Benyamin Netanyahou qui devrait échouer ce mardi soir dans sa tentative de former une coalition gouvernementale, Olivier Rafowicz explique « que ce n’est pas impossible » que le gouvernement israélien tende vers une cinquième élection. Paradoxalement, même après quatre élections, le gouvernement ne semble pas stable et « de manière générale on en a marre qu’en Israël se mettent en place des coalitions avec des idéologies multiples ». Les Israéliens sont fatigués de ce système politique fractionné et qui n’est plus adapté aux aspirations israéliennes. L’exemple cité est celui du candidat Bennett, qui par ses sept mandats pourrait devenir Premier ministre, mais grâce au système et non par le choix du peuple. 

Lucie Claudon