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Un passeport autrichien pour les descendants des victimes de la Shoah

Même s’ils parlent rarement allemand et que certains n’ont jamais mis les pieds sur le sol autrichien, près de 76 ans après la Shoah, les descendants de ceux qui ont été chassés d’Autriche par les nazis revendiquent la nationalité volée à leurs ancêtres. « C’était très important pour moi », déclare Maya Hofstetter, une lycéenne américaine de 17 ans, qui veut reconstituer les fragments de l’histoire douloureuse de son arrière-grand-mère.

L’AFP a recueilli les témoignages de nouveaux Autrichiens comme Hofstetter qui ont bénéficié d’une modification de la loi en 2019 qui est entrée en vigueur en septembre, permettant aux descendants des victimes de la Shoah d’acquérir la nationalité autrichienne. Les motivations des requérants – dont les parents étaient tous juifs bien que la loi ne concerne pas uniquement les victimes juives – varient. Du sentimental au devoir de mémoire et pour certains, au sens de la justice, Hofstetter et son compatriote américain Noah Rohrlich, Gal Gershon en Israël, Tomas Diego Haas en Argentine et Robert Anderson en Grande-Bretagne ont expliqué dans des entretiens téléphoniques et vidéo pourquoi ils ont choisi de franchir le pas.

On estime que des centaines de milliers de descendants de réfugiés pourraient être éligibles à la citoyenneté autrichienne. Jusqu’à présent, plus de 1 900 l’ont obtenu, principalement des États-Unis, de la Grande-Bretagne et d’Israël. L’Allemagne a emboîté le pas de l’Autriche en mars en annonçant qu’il était également plus facile pour les descendants des victimes de la Shoah de devenir allemands. L’historien autrichien Oliver Rathkolb qualifie le mouvement de citoyenneté de « signal important » qui montre que la société « prend au sérieux les conséquences de la Shoah » sur le long terme.

Gabriel Attal