(Crédit: Chaim Tzach/GPO)

Une chance de gouvernement avant mardi ?

En Israël, les jeux ne sont pas faits, rien ne va plus. Plus on s’approche de l’échéance, et moins la situation est claire. Ce qui est sûr, c’est que personne ne lâche rien. Parmi toutes les pistes explorées ces dernières semaines, on peut en retenir quatre.

D’abord, un gouvernement de droite dirigé par Benyamin Netanyahou. Dans les quatre jours qui lui restent  pour former la coalition, le Premier ministre peut encore tenter de présenter un gouvernement minoritaire, s’il arrive à convaincre Naftali Bennett et son parti Yamina de le rejoindre. Dans ce cas, il pourrait compter sur 59 voix à la Knesset avec ses députés, ceux des partis orthodoxes et du parti Sionisme Religieux de Betsalel Smutrich. C’est le soutien extérieur des 4 députés islamistes, qui lui permettrait d’obtenir la confiance du parlement. Mais les chances de succès paraissent de plus en plus faibles, car Smutrich ne semble toujours pas disposé à envisager une alliance, même technique, avec les islamistes.

Deuxième option : un gouvernement de droite dirigé par un autre élu Likoud. Benyamin Netanyahou cèderait donc la place à un autre député de son parti et serait éventuellement candidat à la présidence de l’Etat. Mais cela n’aurait de sens pour lui que si cela le mettait à l’abri du procès en cours contre lui. Cela permettrait en tout cas de monter une coalition qui serait homogène du point de vue idéologique, avec au moins trois partis de droite. Mais il n’est pas du tout certain que cela intéresse le leader de Nouvel Espoir, Gideon Saar. Donc, là encore, probabilité basse.

Troisième possibilité : une coalition menée par le camp du changement. Il s’agirait forcément d’un gouvernement de rotation, où le poste de Premier ministre serait assumé alternativement par Yaïr Lapid et Naftali Bennett. Mais sa composition est déjà problématique : avec trois partis de droite : Yamina, Nouvel Espoir et Israel Beitenou, deux partis centristes : Yesh Atid et Bleu Blanc; deux partis de gauche : les Travaillistes et le Meretz; et en point d’interrogation, le parti islamiste Ra’am, puisque la Liste Arabe refuse  de siéger avec Bennett et Liberman. Naftali Bennett et Gideon Saar sont en contact étroit et coordonnent leurs positions, pour tirer avantage de leur proximité politique. Mais il ne sera pas simple de partager le gâteau entre des partenaires aussi différents et surtout de force équivalente. Et les places seront chères, d’autant qu’aucun parti ne renoncera facilement aux postes les plus influents du gouvernement.

Dernière option : celle que presque tout le monde préférerait éviter, le cinquième tour. C’est pourtant celle qu’il faudra envisager, si Benyamin Netanyahou n’a pas réussi à boucler un accord de coalition d’ici mardi et si de son côté Yaïr Lapid n’est pas en mesure de présenter une coalition alternative. Car il semble clair que le président Rivlin ne transfèrera pas le mandat de la formation du gouvernement au leader centriste si celui-ci n’a rien de concret à lui proposer. Dans ce cas, le chef de l’Etat devrait renvoyer la balle vers les députés de la Knesset, s’il arrive à la conclusion que personne n’est capable de réunir autour de lui 61 parlementaires. Et alors les élus du parlement auront 21 jours pour faire un miracle, ou renvoyer les Israéliens aux urnes.

Pascale Zonszain