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Emmanuel Halperin sur Radio J: « N’importe quel prétexte peut donner lieu à une reprise de la violence »

Ce mercredi 28 avril, sur Radio J, Emmanuel Halperin était l’invité, à 7h45, de Christophe Dard. Le journaliste israélien est revenu sur la situation sécuritaire et politique actuelle du pays. Entre tirs de missiles et formation du nouveau gouvernement de Benyamin Netanyahou, l’actualité d’Israël reste dense. 

Après une journée de calme, deux roquettes ont été tirées cette nuit depuis Gaza vers Israël. Cela fait plusieurs jours que les tensions se font ressentir, avec notamment quarante tirs de roquettes le week-end dernier. Suite à la réunion du cabinet de sécurité lundi soir, il a été approuvé un plan de frappe aérienne. Un regain de tension qui se voit également à Jérusalem, entre les Palestiniens des quartiers Est, des Israéliens et des forces de l’ordre. 

Même si les émeutes et les tirs de roquettes sont moins denses, « l’arrière-plan de tout cela, ce sont les élections palestiniennes prévues pour le 22 mai« . « La question est de savoir si elles auront lieu« . Des analystes israéliens estiment que « Mahmoud Abbas voudrait bien les annuler« , qu’il « cherche un prétexte, et le meilleur, est d’agir par le biais d’Israël qui refuse de laisser les Palestiniens de Jérusalem Est, participer à ces élections« , disait Emmanuel Halperin, sur Radio J. Si la situation est relativement calme concernant les émeutes, elles peuvent reprendre à tout moment car « n’importe quel prétexte peut donner lieu à une reprise de la violence« . 

La politique israélienne est, pour le moment pacifique. Le pays enregistre tous les tirs de roquettes et les incidents, avant de répondre par la force. « Une politique moins dangereuse pour le moment« . Le Conseil des ministres a tout de même déclaré qu’en « cas de besoin, Israël réagirait avec beaucoup de forces et sans doute, par des moyens qui n’ont pas encore été appliqués dans les tensions précédentes« . Pour le moment, les futures potentielles mesures ne sont pas très claires, même si l’armée se prépare à chaque éventualité. 

Au niveau de la situation politique, il ne reste plus que six jours au Premier ministre Benyamin Netanyahou pour former une coalition. Un accord de rotation serait possible mais « pas envisageable » selon Emmanuel Halperin. Face « à une crise de régime, de la démocratie israélienne« , Benyamin Netanyahou « va un peu trop loin » confie le journaliste à Christophe Dard. En effet, la Cour suprême va certainement annuler sa demande de nommer un fidèle au poste de ministre de la Justice. Un rôle important et stratégique pour Benyamin Netanyahou, qui pourrait, grâce à ce ministre, mettre « des bâtons dans les roues au processus judiciaire de son procès pour corruption« . 

Une politique complexe dont Benyamin Netanyahou doit « accepter de se retirer pendant ces deux ans de procès« . Un moyen, selon Emmanuel Halperin, « pour le Likoud de choisir un nouveau leader et, d’avoir très rapidement un gouvernement stable et cohérent« .