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Professeur Cyrille Cohen: « Aujourd’hui on revit totalement en Israël »

Dans l’émission médicale Refoua sur Radio J (tous les jeudis à 15h05), le Professeur Cyrille Cohen, Directeur du laboratoire d’immunothérapie de l’Université Bar Ilan, membre du conseil consultatif sur les essais cliniques des vaccins contre la Covid et vice doyen de la faculté des Sciences de la vie, était l’invité de Dr Serge Rafal et il revient sur la situation sanitaire en Israël après cette campagne de vaccination. 

Le professeur Cyrille Cohen dresse un bilan positif de la situation en Isräel. En effet, depuis dimanche dernier, les Israéliens sont exemptés du port du masque à l’extérieur. C’est un des signes de cette reprise de la vie quasi normale dans le pays. Les écoles ont rouvert et au sujet des chiffres, le Professeur dit qu’ils ont baissé, puisqu’au mois de février on était aux alentours de 60 morts par jour, tandis qu’aujourd’hui, environ un ou deux. « Ce n’est pas très scientifique de le dire comme ça, mais je crois qu’il y a un certain miracle qui est en train de se déclarer en Israël grâce à cette vaccination.« 

Malgré une campagne de vaccination qui a fait l’objet de nombreuses louanges, le Pr Cyrille Cohen, parle d’une « situation est satisfaisante ». La raison de cette prudence: la question des variants n’est pas encore réglée. Sept cas de variant indien ont été détectés cette semaine en Israël. « Nous devons être prudents, ce n’est pas fini pour nous ». La bonne nouvelle est que le vaccin protège contre le variant britannique, très présent sur le territoire israélien, contrairement aux variants brésilien et sud-africain.

Les doses distribuées étaient à 99,9% celle du vaccin Pfizer. Dans certains cas, le vaccin Moderna était administré ainsi qu’aux Palestiniens que « nous avons gracieusement vaccinés. » Israël a signé deux accords avec Pfizer et Moderna cette semaine pour une commande de 18 millions de doses pour 2022. 

Malgré la bonne réputation dont jouit le vaccin Pfizer, il existe 14 000 effets indésirables, mais peu graves, semble-t-il. Le Pr Cohen : « Les plus sévères sont les chocs anaphylactiques mais le taux en Israël est très bas: seuls quelques cas, bien évidemment traités rapidement, par million ». Néanmoins le Professeur rappelle qu’il est important de faire de la « pharmacovigilance ». Des cas de thrombose ont été diagnostiqués après une injection avec le vaccin AstraZeneca, mais « pour l’instant, pour nous, le profil est positif ». 

En Israël, la majeure partie de la population, éligible à la vaccination, est vaccinée. 58% ont obtenu une dose et 54% ont bénéficié des deux. On ne peut pas encore véritablement parler d’immunité collective, mais « un phénomène de limitation de transmission du virus » a bel et bien été constaté. Une corrélation existe : « plus il y a un pourcentage élevé de vaccinations, moins il y aura d’infections chez les non-vaccinés« . Malgré l’ouverture des fêtes de Pourim et Pessah, l’épidémie continue à se réduire et l’on constate une stabilité au niveau du R0.

Enfin par rapport à la vaccination des enfants, âgés entre 12 et 16 ans, la question suscite le débat en Israël. Pfizer a soumis les résultats de ses essais cliniques qui seront dévoilés dans un communiqué de presse. Ils ont été réalisés sur 2 000 enfants. « La question du bénéfice-risque se pose » pour deux raisons : « les vaccins sont approuvés sous condition d’urgence et la situation d’Israël aujourd’hui est différente ». Les enfants, de manière générale, sont moins touchés de façon importante par la Covid et l’épidémie est sérieusement en train de baisser. La question de la véritable nécessité de vacciner les enfants se pose donc. « Je suis un peu dans l’impossibilité de vous dire sans avoir vu les résultats Pfizer et d’essayer d’estimer ce bénéfice-risque ». 

Lucie Claudon