Affaire Sarah Halimi: les strates d’influence. La chronique de Stéphane Attal

Dans sa chronique hebdomadaire sur Radio J mardi 20 avril, Stéphane Attal, communiquant et auteur du livre Influencer c’est la communication d’aujourd’hui, revient sur l’affaire Sarah Halimi. 

Suite à la confirmation par la Cour de cassation de l’irresponsabilité pénale du meurtrier de Sarah Halimi, Stéphane Attal confie trois stratégies d’influences pour rétablir le « jugement indique » de la justice française. « C’est l’horreur, la consternation, l’indignation, la mobilisation et enfin la récupération« . Les mots de Stéphane Attal qui indiquent parfaitement la stratégie de communication et d’influence que doit porter cette affaire. 

Reparti sur trois niveaux, le cheminement pour faire entendre un désaccord commence « dans la rue ». La rue, c’est le peuple « qui a retrouvé la parole depuis l’avènement des réseaux sociaux« . Il y déverse sur Facebook ou sur Twitter, de la haine, du chagrin, et pour beaucoup, « leur peur de l’avenir et leur honte de vivre dans un pays qui ne juge pas un assassin antisémite en raison de bouffée délirante« . Alors, pour lutter contre cette honte, le peuple doit faire du bruit afin de se faire entendre par « les décideurs« .

À un deuxième niveau, ce sont les influenceurs qui ont un rôle à jouer. « Leader d’opinion, représentant de leur communauté, intellectuels dont l’écho médiatique se fait entendre, journalistes, philosophes, penseur et membres d’instituts » peuvent faire résonner une petite musique à l’oreille de ceux qui prennent les décisions, les représentants du troisième niveau d’influence. 

En effet, les « décideurs qui ont entendu le bruit de la rue, qui sont convaincus que l’opinion publique doit être suivie, ont de bonnes et de moins bonnes raisons d’agir« . Une des moins bonnes serait une campagne électorale. « Les bonnes raisons, elles, pourraient enfin réconcilier le droit et le bon sens, et accorder à la pauvre famille Halimi le procès qu’elle réclame. »

Actuellement, le droit dit que ce n’est pas possible, que le procès n’a pas lieu d’être. Un jugement qui a fait naître « une nouvelle loi » qui « ne dira pas la douleur, ne fera pas rouvrir ce procès là, mais permettra sans doute, dans de futures procédures, de montrer que cette pauvre dame n’est pas morte pour rien« .