(Crédit: Wikimédia)

Témoignage de Larissa Cain, survivante du ghetto de Varsovie

Il y a soixante-dix-huit ans, le ghetto de Varsovie se soulevait, un 19 avril. En cette journée commémorative, l’invitée de Lise Gutmann était Larissa Cain, une enfant de la guerre enfermée dès ces huit ans au sein du ghetto.  

Autrice de nombreux livres comme J’étais enfant à Varsovie ou encore Une enfance au Ghetto, Larissa Cain a entretenu la mémoire de l’abomination du ghetto de Varsovie, dont elle garde, encore aujourd’hui, de nombreux souvenirs. « Ça ne me quitte pas » déclare-t-elle. Mais le souvenir le plus fort, « c’est surtout la faim. J’ai toujours eu faim pendant la guerre ». 

Exemple de résilience absolue, Larissa a perdu ses parents et quasiment toute sa famille dans cette guerre, qu’elle raconte en détail dans ses livres. Arrivée en France en octobre 1946, la jeune fille est devenue par la suite chirurgien-dentiste. Un changement de vie radical face au ghetto qu’elle a connu. Synonyme « d’encombrement » pour elle, l’appartement dans lequel elle vivait a accueilli de la famille et des amis. C’est au milieu des nombreux matelas disposés par terre, qu’elle voyageait et s’évadait, à travers la collection de timbre de son cousin. Une façon peut-être d’oublier « la faim« , qui ne quitte pas son vocabulaire. 

En décembre 1943, la jeune fille parvient à s’évader, « d’une façon peu commune« , confie-t-elle à Lise Gutmann. Avec une échelle qui servait pour la contre bande (trafic de nourriture et d’armes), elle a pu franchir un mur de trois mètres, « toute seule, à seulement dix ans« . Organisée par son père et son oncle, l’évasion de la petite fille « effrayée » a réussi au moment où elle a sauté dans la neige, depuis le mur qui la retenait prisonnière. « Ça a marqué ma vie« . En effet, Larissa raconte au micro de Radio J, qu’à plusieurs reprises, pendant ces excursions en montagne, elle n’a pas été capable de sauter dans la neige. Un acte qui lui rappelait trop l’angoisse de son évasion.  

C’est en 1978 que Larissa commence à partager ces souvenirs indélébiles et qu’elle devient une militante de la Mémoire de la Shoah. Elle veut expliquer, témoigner et transmettre les horreurs qu’elle a connue, notamment aux enfants, à qui elle écrit un recueil, qui leur est spécialement dédié. Invitée dans les écoles, elle met en place une forme de « discussion » avec les enfants souvent « très ouvert » et curieux. Des moments « extraordinaires » raconte-t-elle.