La Radio Juive

Raphaël Feigelson: héros de la Résistance

(Crédit: Wikimédia)

Mardi 13 avril, Michel Gurfinkiel, était l’invité de Lise Gutmann. En hommage et en souvenir à Raphaël Feigelson, l’historien et journaliste est revenu sur le parcours de ce héros de guerre. Résistant, déporté, personnage hors-norme, il avait 14 ans lors de l’occupation de la France en 1940. Raphaël Feigelson jouera, de son jeune âge, un rôle important dans l’organisation de la résistance juive. 

Né le 17 février 1926 à Paris, le résistant français de la première heure est décédé la semaine dernière à l’âge de 95 ans. Son père et lui-même se sont engagés au sein de la résistance juive française dès 1940, aux prémices de la menace nazie. La famille se fait recenser, à cette époque-là comme juifs et la boutique du père Feigelson est identifiée comme une entreprise juive. Elle servira d’ailleurs de boite aux lettres pour plusieurs réseaux de résistance. 

Par la suite, le jeune homme prend, la direction de l’Union de la jeunesse juive, un mouvement de la gauche juive proche du Parti communiste. Il enrôle, par la suite, de nombreux combattants dans la Résistance. 

Après l’arrestation d’un de ses compagnons, il est arrêté à son tour en mai 1944 et torturé par la milice de Vichy et par la Gestapo. Interné aux camps de Compiègne et de Drancy, il sera finalement déporté à Auschwitz par le convoi 77, le 31 juillet 1944. 

Dans ce camp d’extermination, Raphaël Feigelson assiste à « l’ultime tragédie, c’est-à-dire à l’extermination des Juifs hongrois« . Mais en janvier 1945, les SS « reçoivent l’ordre de liquider le camp, avant l’arrivée des Soviétiques« . Alors que des milliers de déportés sont entraînés dans les marches de la mort, Feigelson parvient à s’échapper. À ce moment-là « il fallait prévenir les Soviétiques » pour les convaincre « d’une part d’anéantir les SS, pour sauver les déportés qui n’ont pas encore été évacués et enfin pour préserver au maximum les installations, comme preuve des crimes nazis« . « Surpris par l’armée soviétique » qui le considère comme un espion, il rejoindra finalement les unités de l’Armée rouge avec lesquelles il participera aux combats et au nettoyage de la région.

Après la guerre, dès son retour à Paris, « il va jouer un rôle absolument essentiel dans la mémoire de la déportation et de la Shoah« . Il participe à la fondation des Cahiers du cinéma et créé le Club du 27 janvier 1945 ainsi que l’Association générale des Israélites de la Résistance. Commerçant pour gagner sa vie, il commence également à témoigner de l’expérience concentrationnaire et à lutter contre l’impunité des criminels nazis. Raphaël Feigelson était l’un des premiers responsables associatifs porteur de la mémoire du génocide. Auteur, il a publié des ouvrages aux Éditions Jean Grassin où il évoque la guerre et l’antisémitisme. 

Chevalier de la Légion d’honneur par le Président de la République le 8 mai 1975, il possède également la médaille de la résistance, la médaille militaire, la croix de guerre avec Palme et la médaille des Évadés. 

LE 13-04-21 - 19:00