(Crédit: Facebook)

François Zimeray sur Radio J: « Fabien Azoulay a le droit de se rapprocher de sa famille pour continuer à vivre »

Le Français Fabien Azoulay est incarcéré depuis septembre 2017 dans une prison turque. Il a été condamné à plus de 16 ans de prison pour l’achat d’un produit dont il ignorait qu’il venait d’être rendu illégal en Turquie. L’on demande son transfèrement en France. Son avocat, François Zimeray était l’invité d’Ilana Ferhadian, ce mardi matin, sur Radio J. 

Après quatre ans d’emprisonnement, l’on s’étonne que les faits soient mis en lumière autant de temps après. Selon François Zimeray, « une des clés dans cette affaire c’est que tout s’est toujours passé plus mal qu’on ne le pensait« , en témoignant sa stupéfaction face à la condamnation de Fabien Azoulay, alors qu’il s’était rendu en Turquie pour des implants capillaires. Sa condamnation est d’autant plus étonnante que Fabien Azoulay a agi en toute transparence, en utilisant sa propre carte de crédit à son nom: “Un délinquant a la conviction, la connaissance qu’il commet une infraction, lui pas du tout. »

Un autre élément qui aurait joué en sa défaveur : son homosexualité. François Zimeray confie la responsabilité que cela impliquait de révéler cet élément. Le produit commandé était un bidon de nettoyant de jantes pour voiture, qui sert aussi d’excitant sexuel. 

L’avocat ajoute que si cette affaire a pu sortir du silence, c’est notamment grâce à l’ampleur de la mobilisation médiatique. C’est celle-ci qui a rendu envisageable de demander le transfèrement d’Azoulay. La demande n’étant pas de le gracier, puisqu’il a été condamné, mais de pouvoir purger sa peine dans une prison française. Les conditions dans lesquelles il est retenu en Turquie sont désastreuses: Azoulay, de confession juive, fait l’objet de nombreuses tentatives de conversion à l’Islam, on le force à prier, il est roué de coups, etc…

Une ampleur médiatique qui dessine une lueur d’espoir quant au sort du détenu, puisque l’ambassadeur turc a dit qu’il n’y avait pas d’objection de principe à son transfert. Néanmoins, la question est désormais de savoir si le transfert se fera rapidement ou non. 

« Il envoie des lettres très poignantes. Cette phrase très forte qui s’est gravée : je n’arrive pas à faire le deuil de la liberté. Il ne s’y fait pas. » Pour le moment, François Zimeray n’a toujours pas reçu de réponse formelle à sa lettre adressée au Président Emmanuel Macron, mais l’Elysée donne son soutien. Un soutien de l’Etat d’autant plus important dans cette situation de solitude.

Lucie Claudon