(Crédit: Knesset)

Elections législatives du 23 mars: La course des lanternes rouges

A six jours des élections israéliennes, les petits partis qui plafonnent à 4 mandats, luttent pour se faire une place dans la prochaine Knesset.


On a évoqué il y a quelques jours les défis tactiques qui se posent aux quatre principaux partis en course pour le scrutin du 23 mars. Les difficultés ne sont pas moindres pour les quatre petits partis qui forment la queue du peloton. Car eux aussi ont l’issue du vote entre les mains.

D’abord, Bleu Blanc. Le parti de Benny Gantz avait 33 mandats au lendemain du scrutin de mars 2020. Après sa scission avec Yesh Atid, passé dans l’opposition, il n’en avait plus que 12. Et aujourd’hui dans les intentions de vote, il lui en reste 4. Peut-être 5. Mais peut-être aussi moins. Et on sait que dans ce cas, c’est 4 ou rien. Tout dépend de la marge d’erreur des sondages et du verdict final des électeurs encore indécis. Pour celui qui apparaissait il y a un an comme le seul capable de battre Benyamin Netanyahou et qui n’aura eu que le titre de Premier ministre suppléant, c’est évidemment une défaite politique et personnelle. Mais il semble désormais clair que Benny Gantz ira jusqu’au bout et qu’il ne se retirera pas de la course. Il doit donc préserver ce qui lui reste d’électeurs en les persuadant de ne pas se rallier au parti de Yaïr Lapid, son ancien allié devenu son premier adversaire.

A gauche, le Meretz lutte lui aussi pour sa survie. Crédité de 4 à 5 mandats, il était pourtant passé pour la première fois au début du mois, sous le seuil minimum pour siéger au parlement. Le parti de gauche, qui conserve sa colonne vertébrale idéologique, se trouve pourtant en concurrence directe avec le parti Travailliste, qui cette fois vise exactement le même créneau électoral. Meretz avait abandonné l’idée d’une alliance électorale, échaudé par l’expérience du dernier scrutin, puisque le président du parti travailliste Amir Peretz et un de ses deux députés avaient rejoint le gouvernement Netanyahou, malgré leur promesse. Toujours est-il que les deux partis sont en concurrence pour la dizaine de sièges qu’ils peuvent escompter, avec le risque que les Travaillistes raflent la mise et laissent Meretz sans rien.

Le parti arabe israélien Raam est également sur la ligne rouge. Le parti de Mansour Abbas, qui a décidé de se séparer de la Liste Arabe Unifiée pour faire la course seul, peut compter sur un maximum de 4 mandats. Il a déjà affaibli les trois autres partis arabes israéliens en les amputant de son réservoir électoral. Abbas espère que son approche pragmatique d’une coopération avec le Likoud séduira l’électorat arabe. Mais pour lui aussi, le pari est risqué.

Enfin, c’est le parti Sionisme Religieux qui est peut-être dans la meilleure position des quatre. Il décolle lentement du seuil minimum et s’est même retrouvé pour la première fois cette semaine crédité de six mandats. C’est qu’à la différence des autres, il peut compter sur un soutien de taille, celui du Likoud. Betsalel Smutrich a su manœuvrer en rompant son alliance avec Naftali Bennett, pour regrouper autour de lui l’aile droite sioniste religieuse, même sans le parti du Foyer Juif mais avec l’activiste Itamar Ben Gvir. Il sait que son appoint est vital à Benyamin Netanyahou pour consolider une coalition de droite et le Premier ministre lui a même laissé le champ libre pour rallier des voix de droite en Judée Samarie, même au détriment du Likoud.

Pascale Zonszain