(Crédit: Tsahal)

La nouvelle doctrine de Tsahal sur le front de Gaza

Un réseau de tunnels, des arsenaux et des lanceurs de roquettes dissimulés sous des zones habitées, des tours d’immeubles occupées par des commandos armés, c’est le paysage qui attend les soldats israéliens dans leurs futurs combats dans la Bande de Gaza. Cette semaine, le commandement militaire sud et la division de Gaza ont effectué un exercice destiné aux officiers de terrain, chefs de compagnie et de section, qui mèneront leurs soldats dans l’enclave palestinienne.

Beaucoup de choses ont changé depuis l’opération Bordure Protectrice de juillet 2014, et Tsahal a tiré les enseignements de ses 51 jours de combats face au Hamas et au Djihad islamique. D’abord, le dispositif anti-tunnels sur la frontière de Gaza est quasiment achevé et sera opérationnel, dès que les 5% manquants seront terminés. Toute l’installation se trouve en territoire israélien à environ une centaine de mètres à l’est de la frontière. Il s’agit d’une nouvelle barrière modernisée en surface, sur les 60 kilomètres qui longent la Bande de Gaza, doublé d’un mur souterrain sur la même longueur, et d’une protection particulière sur l’extrémité nord du territoire palestinien, pour prévenir des incursions par la mer. Le tout est équipé d’un système de détecteurs de mouvements et de vibrations et d’autres technologies permettant de surveiller et de prévenir les tentatives d’infiltration terroristes.

Les techniques de combat en milieu urbain ont également été adaptées, grâce à l’expérience acquise lors de la confrontation précédente. Les officiers qui conduiront les troupes d’infanterie ont été préparés à identifier le camouflage des sorties de tunnels ou des lanceurs de roquettes.  Les exercices ont aussi porté sur le combat à l’intérieur des galeries souterraines, qui servent aux terroristes pour se déplacer sans être repérés et sortir pour attaquer les soldats en surface. L’accent a encore été mis sur l’assaut des immeubles dont les commandos utilisent les étages supérieurs pour lancer leurs attaques. Sans oublier les charges qui peuvent exploser à tout moment. Le tout évidemment dans des zones fortement peuplées, pour dissuader Tsahal de faire des victimes civiles.

C’est donc une doctrine très complète qui a été élaborée spécifiquement pour le combat à Gaza, avec également des innovations dans les équipements, comme les nouveaux véhicules blindés de combat qui opèreront par deux pour des offensives rapides, et aussi le contact direct entre les officiers sur le terrain et l’aviation qui leur permettra d’obtenir l’intervention et le soutien nécessaire sur une action donnée en quelques minutes.

Toute cette préparation est évidemment cruciale, même si la menace d’un réchauffement du front sud n’est pas immédiate. A Gaza, le Hamas doit aussi faire face à la crise sanitaire et ses répercussions économiques. L’aide financière du Qatar devrait permettre d’éviter une dégradation de la situation humanitaire. Mais cela n’empêche pas le Hamas de continuer à s’armer et à s’entrainer. Des armes et du matériel continuent d’arriver en contrebande par l’Egypte, et l’organisation paramilitaire du mouvement islamiste progresse dans ses technologies de drones et de roquettes et aussi dans la formation d’unités commandos pouvant attaquer sur terre ou par la mer. Et sachant qu’il peut suffire d’un incident pour mettre le feu aux poudres, Tsahal doit être prêt à toute éventualité.

Pascale Zonszain