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Meurtre de Sarah Halimi: la question de la responsabilité pénale de l’auteur examinée par la Cour de cassation

La Cour de cassation étudie ce mercredi la question de la responsabilité pénale de Kobili Traoré, l’auteur du meurtre de Sarah Halimi survenue dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 dans le 11e arrondissement de Paris. La chambre criminelle doit examiner les recours formulés par les parties civiles contre un arrêt de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris le 19 décembre 2019 qui avait déclaré que le discernement de l’auteur, âgé de 27 ans au moment des faits, était aboli et qu’il était ainsi pénalement irresponsable. Cette décision, synonyme de l’abandon des poursuites judiciaires, avait été critiquée par des politiques de tous bords. La Cour de cassation ne va pas se prononcer sur le fond du dossier, à savoir si le discernement de Kobili Traoré était ou non aboli au moment de son passage à l’acte. Mais les magistrats vont s’attacher à examiner si la décision prise par la cour d’appel est conforme au droit et à la législation.

La femme de 65 ans avait été rouée de coups et défenestrée du troisième étage de l’immeuble situé au 30 rue de Vaucouleurs. Des témoins avaient entendu l’homme réciter des sourates du Coran et hurler « j’ai tué le Sheitan » (« le démon » en arabe). Interrogé par les juges, il dira qu’il pensait « être pourchassé par le diable ». Trois expertises avaient été menées et concordaient sur le diagnostic d’une « bouffée délirante » inédite chez le jeune homme, possiblement provoquée par une forte consommation habituelle de cannabis.

Gabriel Attal