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Ouïghours : pour Jean-Yves Le Drian, la Chine mène un «système de répression institutionnalisé»

Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le ministre français des Affaires étrangères évoque des « pratiques injustifiables » à l’encontre de cette minorité musulmane dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Jean-Yves le Drian, qui s’est exprimé par visioconférence, s’inquiète du sort des Ouïghours et accuse Pékin d’avoir mis en place  » Un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle « .
Selon des études d’instituts américains et australiens, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des «camps» du Xinjiang et certains ont été soumis à du  » travail forcé  » ou à des  » stérilisations forcées « . La Chine dément les accusations de travail forcé et de stérilisations. Pour Pékin, les  » camps «  sont des  » centres de formation professionnelle  » dont le but est d’éloigner la population de l’extrémisme religieux et du séparatisme, se justifiant par de nombreux attentats meurtriers commis par des Ouïghours contre des civils.

Lundi, au Canada, les députés ont adopté une motion assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à  » un génocide « , provoquant la colère de Pékin qui l’a qualifiée de  » provocation malveillante « . La motion a été adoptée à la Chambre des communes par 266 voix sur 338 et appelle le gouvernement de Justin Trudeau à se ranger à cet avis. Dans le même temps, la Chine s’est vantée en début de semaine du développement socio-économique au Xinjiang et au Tibet, présenté comme un  » exemple éclatant  » des progrès de la Chine en matière de droits de l’Homme.

Christophe Dard