(Crédit: capture d'écran Channel 12)

En Israël, la mission sacrée du rachat des captifs

C’est pour obtenir la libération d’une jeune Israélienne entrée en Syrie, qu’Israël négocie actuellement avec l’aide de la Russie. L’information a été confirmée mercredi, mettant fin à vingt-quatre heures de spéculations, après la levée de la censure militaire.

Depuis la création de l’Etat, la question du retour des prisonniers et des disparus est un enjeu humanitaire majeur, dans la tradition juive du rachat des captifs. Les échanges pour obtenir la libération de soldats de Tsahal ont été nombreux depuis la guerre d’Indépendance. On se souvient notamment du « marché Jibril » en 1985, qui avait permis de récupérer 3 soldats tombés en captivité durant la 1ère guerre du Liban, en échange de la libération de 1.150 terroristes palestiniens. Ou celui, plus récent de la libération de Gilad Shalit en 2011, que le Hamas avait relâché après cinq années de captivité, contre 1.027 terroristes détenus par Israël.

Dans d’autres cas, les efforts pour le retour des disparus peuvent durer des dizaines d’années. C’est toujours vrai pour deux des trois soldats israéliens qui avaient disparu dans la bataille de Sultan Yaakub durant la 1ère guerre du Liban en 1982. En 2019, Israël avait pourtant réussi à ramener la dépouille de Zacharia Baumel, grâce, déjà à l’intervention de la Russie, qui avait mené des recherches dans le camp palestinien de Yarmouk en Syrie et identifié le corps du soldat israélien. Mais on attend toujours de retrouver ceux de Zvi Feldman et Yehuda Katz.

De même qu’Israël n’abandonne pas l’espoir de ramener la dépouille de l’espion du Mossad Eli Cohen, pendu par la Syrie en 1964, ou de retrouver le navigateur Ron Arad, dont l’avion avait été abattu au-dessus du Liban en 1986 et que les Syriens ont très probablement remis aux Iraniens. Un travail fastidieux et frustrant, mené dans l’ombre, où chaque nouvelle piste ou indice fait renaitre l’espoir, pour déboucher sur une nouvelle déception.

Sans oublier bien sûr les deux Israéliens, Avera Mangistu et Isham al Sayed entrés de leur plein gré dans la Bande de Gaza il y a sept ans et dont on est sans nouvelle depuis. De même que le Hamas refuse toujours de donner la moindre information sur les dépouilles des deux soldats Oron Shaul et Hadar Goldin, tués dans les combats de l’été 2014 et pour lesquels l’organisation islamiste palestinienne exige la libération par Israël d’un millier de terroristes.

La dimension humanitaire de ces drames est ressentie profondément en Israël, où le public se mobilise, comme il l’avait fait pour Gilad Shalit ou pour les soldats tués et enlevés par le Hezbollah en 2000 et en 2006. Les visages et les noms des disparus sont connus de tous. Et dans les synagogues, on prie pour leur retour. Et si le prix à payer pour leur rachat fait débat, au point que de nouveaux critères ont été fixés après la libération du soldat Shalit, personne ne veut abandonner l’espoir de ramener tous les captifs en Israël.

Pascale Zonszain