(Crédit: caisse d'assurance santé Clalit)

Des vaccino-sceptiques en Israël

Même si Israël reste leader dans sa campagne vaccinale, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’obstacle sur le parcours. En Israël, comme ailleurs, certains ne sont pas encore convaincus de la nécessité de se faire vacciner ou redoutent des effets secondaires, à court ou long terme. Si la population la plus âgée a été jusqu’à présent la plus civique, dans les classes d’âge plus jeunes, certains trainent les pieds.

Le Bureau Central des Statistiques a effectué une étude auprès de ceux qui affirment ne pas vouloir se faire vacciner. Parmi eux, 52% sont des Arabes israéliens, 49% des olim de l’ancien bloc soviétique, 42% des ultra-orthodoxes, 40% des religieux et 34% des laïcs ou traditionalistes.

Les causes sont diverses. Elles vont des difficultés concrètes, comme l’accès à un centre de vaccination. Cela peut être le cas pour les populations bédouines dans le Néguev, par exemple. Cela peut aussi être lié une information insuffisante, notamment en arabe. Mais il y a aussi les vaccino-sceptiques, qui figurent dans toutes les catégories. Et si on les retrouve chez les plus jeunes, c’est parce que la crainte la plus répandue est celle de la stérilité que l’action du vaccin serait supposé entrainer. Et le fait qu’aucune étude sérieuse ne supporte cette théorie n’arrête pas ceux qui veulent y croire. Surtout quand elle est alimentée par un déferlement de fausses nouvelles, de fake news, sur les réseaux sociaux.

En Israël, où l’on pensait justement que le problème ne se poserait plus après le départ en flèche de la campagne vaccinale, les autorités doivent maintenant s’y confronter. La vaccination obligatoire n’est évidemment pas à l’ordre du jour, car elle est inenvisageable dans une démocratie. En revanche, la question se pose de savoir si elle peut être imposée à telle ou telle profession, comme par exemple les enseignants, en contact quotidien avec des dizaines d’enfants, qui eux, ne peuvent être vaccinés. Le procureur de l’Etat a dû remettre les pendules à l’heure : ni les directeurs d’établissements, ni les municipalités n’ont le droit d’interdire de travailler à un enseignant non vacciné, ou de l’obliger à se vacciner.

En fait, il n’y a que deux réponses possibles : faire appel au sens moral et à celui de l’intérêt. Il faut se faire vacciner pour ne pas être responsable de la contamination des autres, à commencer par celle de ses proches, enfants ou parents. Et il faut se faire vacciner parce que si le vaccin comporte encore des inconnues, on peut lui opposer la certitude des effets de la maladie et de l’épidémie. Or, avec plus de deux millions et demi d’Israéliens totalement vaccinés, on peut déjà mesurer les effets positifs et plus vite la population sera vaccinée, plus vite l’activité économique pourra reprendre. Tout le monde veut retrouver son emploi ou rouvrir son commerce ou son entreprise. Et ce ne sera possible qu’en atteignant le seuil d’immunité collective. Alors, il faut continuer à inciter les hésitants et relancer la dynamique. A Bnei Brak, la municipalité a trouvé un moyen qui en vaut un autre. Jeudi soir, la population de la ville ultra-orthodoxe a été conviée à une nuit de vaccination. Chaque personne vaccinée a reçu en échange une assiette de tchoulent et une hala pour le Shabbat. Ça pourrait aussi marcher à Tel Aviv…

Pascale Zonszain