(Crédit: ministère israélien de la Santé)

Confinement + vaccin, l’équation israélienne

Pas de date de fin et pas d’objectif chiffré pour ce nouveau confinement. Les Israéliens entrent dans une période d’incertitude, alors que la courbe épidémique peine encore à se stabiliser. Selon le commissaire au Covid, entre 10 et 20% des nouveaux cas de contagion seraient dus au variant britannique, tandis que le variant en provenance d’Afrique du sud ne touche encore que quelques cas isolés.

Reste que ce troisième confinement, instauré fin décembre et qui est entré en phase renforcée depuis vendredi, s’annonce donc plus difficile à gérer que les précédents, étant donné le nombre accru de facteurs à prendre en considération. Il y a donc d’abord ces souches mutantes du virus, plus contagieuses, qui risquent de modifier l’évolution de l’épidémie. C’est en partie pour cette raison que le gouvernement a décidé cette fois de fermer tous les établissements scolaires.

Il y a aussi le facteur – positif celui-là – de la vaccination. Israël devrait franchir cette semaine le cap des 2 millions de vaccinés et entame la phase de deuxième injection pour trois-quarts des plus de 60 ans et les personnels prioritaires qui ont été vaccinés depuis la fin du mois de décembre. Hier, Israël a réceptionné une nouvelle cargaison de 700.000 doses de vaccin Pfizer, qui devraient éviter le ralentissement prévu dans le rythme des premières vaccinations, sachant que pour chaque personne qui reçoit sa première dose, la seconde lui est assurée. Ce qui devrait permettre d’ouvrir la vaccination aux 50-60 ans dès la semaine prochaine. Le Premier ministre Netanyahou a d’ailleurs affirmé que le nouvel objectif était d’atteindre les 170.000 injections quotidiennes, alors qu’on tourne aujourd’hui autour des 115.000. D’ici le mois de mars, Israël devrait avoir reçu livraison de 10 millions de doses  des différents laboratoires auxquels il a passé commande.

Cela dit, il faudra attendre avant de voir l’effet général de la vaccination sur le ralentissement puis le recul de l’épidémie. Selon le commissaire au Covid, le Pr. Nachman Ash, le seuil critique sera atteint quand 5 à 6 millions d’Israéliens auront été vaccinés, c’est-à-dire vers la fin du mois de mars.

Parallèlement, il faut enrayer la progression des cas graves, qui ont franchi hier la barre du millier, tandis que l’on a enregistré 80 décès au cours du weekend. Les hôpitaux n’ont pas encore atteint leur point de saturation, mais à aucun moment depuis le début de l’épidémie, le nombre de cas graves n’avait été aussi élevé. C’est aussi ce qui explique le renforcement des restrictions et des consignes de confinement. Les responsables sanitaires, qui se refusent à fixer une date, indiquent toutefois qu’ils pourraient envisager un allègement partiel quand le nombre de nouveaux cas redescendra sous la barre des 3.000 et surtout que les cas graves auront réduit au moins de moitié.

Entre les variants du virus, la progression de l’épidémie et l’avancement de la campagne vaccinale, les projections deviennent donc plus complexes à réaliser. Si le public israélien apparait confiant dans son système de santé et accepte majoritairement la vaccination, il est en revanche plus réticent à s’engager dans un nouveau confinement à durée indéterminée.

Pascale Zonszain