(Crédit: Twitter Zion G)

Tout n’était pas négatif pour Israël en 2020

Des élections, une épidémie, un confinement, une crise politique, un deuxième confinement et ainsi de suite. L’année 2020 pour les Israéliens aura ressemblé à un jour sans fin, rythmé par le nombre de personnes infectées quotidiennement, par le nombre des décès aussi dus au virus du Covid, plus de 3 300 depuis le début de l’épidémie. Mais pour la première fois peut-être dans leur histoire, les Israéliens ont vécu au diapason du reste du monde. Leur isolement ressemblait en tout point à celui des autres, leur angoisse pour l’avenir aussi. Avec parfois aussi l’impression d’être un peu moins mal lotis que d’autres. Leur système de santé a tenu bon, la mortalité n’a pas atteint les proportions terribles que l’on a pu voir ailleurs, même si chaque disparition est un drame de trop.

En 2020, la politique israélienne a battu de nouveaux records de divisions. Le gouvernement n’aura tenu que sept mois et aura tout juste permis de gérer la crise sanitaire au jour le jour. Alors que l’épidémie n’est toujours pas vaincue, les Israéliens vont devoir retourner aux urnes, un an à peine après le dernier scrutin et pour la quatrième fois en l’espace de deux ans.

Et pourtant, le pays a continué à fonctionner et la diplomatie à progresser. Comme dans un monde parallèle, Israël a engrangé plus de succès en quatre mois qu’en un quart de siècle. Quatre normalisations avec des régimes sunnites, Bahreïn, les Emirats Arabes Unis, le Soudan et le Maroc. Même si le rapprochement avec le Soudan reste à concrétiser et que celui avec le Maroc avance à petits pas, cela reste une réalisation inouïe. Et même si elle doit beaucoup à la diplomatie atypique du président Trump, elle a changé la place d’Israël au Moyen-Orient. Rien d’angélique dans les choix des émirats du Golfe à reconnaitre Israël, mais un intérêt bien compris d’une alliance face à la menace commune de l’Iran. Une nouvelle dynamique a été amorcée, qui ouvrira d’autres opportunités, et qu’un changement de cap politique aux Etats-Unis ne devrait pas suffire à freiner, ni à inverser.

C’est en 2020 que les Israéliens auront découvert Dubaï. Ils ont été des dizaines de milliers à se ruer sur les premiers vols directs vers les Emirats et à envahir leurs plages et hôtels féériques, quand les autres pays leur restaient inaccessibles et que même le tourisme intérieur était fermé. Et il y a ceux qui rêvent déjà à leur voyage au Maroc comme un retour aux sources ou une promesse d’exotisme après des mois d’immobilité et d’enfermement.

Et puis c’est en 2020 que les Israéliens ont eu la confirmation qu’ils pouvaient à la fois être des champions de l’incurie et de l’organisation. Incapables de tenir sur le long terme une ligne de restrictions sanitaires sans s’enferrer dans des revendications sectorielles et des querelles politiques, mais aussi aptes à se mobiliser avec une efficacité impressionnante pour organiser la campagne de vaccination. Plus de 800.000 personnes vaccinées en une dizaine de jours, soit deux fois plus que de personnes infectées depuis le début de l’épidémie. Même si l’on est encore loin de l’immunité collective, jusqu’à présent, aucun pays n’a été plus rapide qu’Israël, qui pourrait sortir de la crise sanitaire au mois d’avril. Le défi sera de tenir jusque-là en évitant une nouvelle flambée épidémique. Mais c’est bien en 2020, qu’Israël aura commencé à voir la lumière au bout du tunnel.

Pascale Zonszain