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Israël peut-il encore éviter des élections ?

Il y a quelques semaines, le parti Bleu Blanc de Benny Gantz avait averti: sans un projet de Loi de Finances 2021 prêt pour le 1er novembre, ce sera la dissolution de la Knesset et le retour aux urnes. Il semble pourtant que ce énième ultimatum du Premier ministre suppléant ait connu le même sort que les précédents. Le mois de novembre est entré dans sa deuxième semaine et il n’y a toujours aucun projet de budget en vue. En revanche, le parti centriste n’a pas quitté le gouvernement.

Les relations entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou ne se sont pas subitement améliorées. La crise sanitaire est toujours loin d’être réglée. Aucun facteur n’a donc changé la donne. Mais la dynamique politique suit son cours. Les sondages donnent toujours le Likoud en tête des intentions de vote, mais pour Benyamin Netanyahou désormais, le danger ne vient plus de la gauche, mais de sa droite, avec Naftali Bennett, le leader de Yemina, crédité de 22 sièges à la Knesset, contre 28 pour le parti conservateur. Mais surtout, à la question de la personnalité la mieux à même de diriger le gouvernement, Benyamin Netanyahou recueille 32% contre 28 pour Naftali Bennett, alors que dans un duel entre l’actuel Premier ministre et le chef de l’opposition Yaïr Lapid, la balance penche toujours clairement en faveur de Netanyahou.  

Cette évolution de l’opinion israélienne est évidemment lue avec attention par les politiques. Ce qui explique que les différents partis commencent à se sonder mutuellement et que divers scénarios sont envisagés, même s’il s’agit plus de tests que d’intentions véritables. Les médias israéliens rapportent d’ailleurs des rencontres, ces derniers jours, entre dirigeants et députés du parti de Benny Gantz avec leurs homologues de l’opposition. Le leader du parti centriste Bleu Blanc a ainsi rencontré Naftali Bennett, tandis que d’autres membres de son parti en ont fait autant avec leurs anciens alliés du parti centriste laïc Yesh Atid.

Entre les élus Bleu Blanc et ceux du parti de Yaïr Lapid, trois options ont été discutées. D’abord une échéance possible pour des élections législatives anticipées, ensuite la possibilité de former un gouvernement alternatif sans dissoudre le parlement et donc sans aller aux élections. Enfin, les élus centristes de la coalition et de l’opposition ont évoqué une possible coopération sur différentes propositions de loi.

Pour l’instant, seule l’option d’un accord sur la date d’élections anticipées semble la plus plausible. De son côté, Naftali Bennett refuse de dévoiler ses cartes et de confirmer s’il serait prêt pour la première fois à se présenter comme nouveau leader de la droite face à Benyamin Netanyahou lors de la prochaine échéance électorale. Mais il sait qu’il ne pourra rien faire seul. Et même une coalition alternative sous la direction du parti Yemina qui permettrait d’éviter des élections, ne semble pas une option très réaliste.

En attendant, le parti de Benny Gantz a proposé au Likoud une procédure accélérée de discussion et de vote sur le budget 2021 avant le 23 décembre, ce qui pourrait éviter une dissolution de la Knesset. Encore la meilleure formule pour éviter une quatrième échéance électorale en moins de deux ans.

Pascale Zonszain