(Crédit: El Al)

Le ciel israélien s’entrouvre

Depuis minuit, les Israéliens peuvent racheter des billets d’avion et surtout ils ont le droit de s’en servir. Avec la remise en place du confinement le mois dernier, seuls ceux qui pouvaient prouver qu’ils avaient acheté leur titre de transport avant l’entrée en vigueur du confinement étaient autorisés à voyager. Les autres devaient rentrer chez eux. La mesure avait suscité la colère de ceux qui avaient prévu d’aller s’aérer quelques jours à l’étranger ou d’aller passer les fêtes avec leur famille en diaspora. Et surtout quand une responsable du ministère de la Santé avait justifié la décision par un souci d’égalité du confinement pour tous les citoyens. Mais cette limitation inédite avait aussi fait bondir les transporteurs aériens, dont les avions avaient dû repartir sans une partie de leurs passagers et qu’il était trop tard pour annuler des vols déjà vendus.

Cela dit, on est encore loin d’un retour à la normale. Il s’agit plutôt de rétablir le dispositif qui était en place depuis le confinement du mois de mars. C’est-à-dire que l’entrée en Israël reste interdite aux étrangers, en dehors des personnels diplomatiques ou des travailleurs ou étudiants étrangers titulaires d’un visa de séjour. Pour tous les autres, l’accès n’est accordé qu’au cas par cas, sur dérogation et avec une procédure lourde. Et puis, étrangers ou israéliens, tous les voyageurs qui reviennent en Israël d’un pays qui n’est pas classé en vert, avec un faible taux d’infection, doivent toujours passer 14 jours en isolement et ont interdiction de sortir avant la fin de la quatorzaine. C’est notamment le cas pour ceux qui viennent de France.

Malgré une reprise partielle du trafic aérien depuis le milieu de l’été, il reste encore très réduit, même si de nombreuses compagnies ont rétabli des liaisons régulières avec Israël. En septembre, 170 000 voyageurs sont passés par l’aéroport Ben Gourion, soit à peine 10% du trafic enregistré en septembre 2019. L’aéroport va pourtant retrouver une partie de son activité avec la réouverture des boutiques de duty-free, qui étaient restées fermées depuis le printemps, donnant à l’aérogare des airs de zone fantôme.

Mais c’est encore très peu par rapport à ce qu’attendent les professionnels du tourisme. Différents programmes sont envisagés pour rouvrir progressivement le pays aux visiteurs étrangers, et en particulier pour les déplacements professionnels, avec des dépistages accélérés, et des conditions de déplacement qui limiteraient les contacts et les risques de contagion et permettraient d’éviter la période d’isolement. Avec un dispositif d’accueil et d’hygiène renforcé, les hôtels pourraient ainsi recommencer à accueillir des clients étrangers. C’est notamment ce qui est à l’étude pour un projet pilote pour les établissements de la mer Morte. Le fait que la station balnéaire soit isolée du reste du pays permettrait d’encadrer plus facilement les touristes qui y séjournent.

Mais si les projets sont prêts, leur mise en application n’est pas pour tout de suite. Le gouvernement préfère avancer par petits pas, tant que le risque d’une autre flambée épidémique n’est pas écarté.

Pascale Zonszain