(Crédit: Tsahal)

Tsahal va soigner des civils israéliens

Deux services entièrement opérés par des militaires dans un hôpital civil et pour des malades civils, c’est totalement inédit pour Israël. C’est en effet la première fois que le corps de médecine de Tsahal, l’équivalent du service de santé des armées, va traiter des civils sur le territoire israélien, ce qui ne lui était jamais arrivé, même en temps de guerre. En revanche les services médicaux de Tsahal ont participé à de nombreuses missions humanitaires hors d’Israël, à commencer par l’encadrement sanitaire de l’opération d’alyah des Juifs du Yémen en 1949. On a également retrouvé les médecins et infirmiers militaires israéliens sur de nombreux théâtres de catastrophes naturelles ou de zones de guerre. En 1988, Tsahal envoie une unité de sauveteurs sur le site du séisme en Arménie. En 2010, c’est l’unité israélienne qui est la première à monter un hôpital de campagne à Haïti, dévastée par un tremblement de terre. Les soldats de l’unité médicale israélienne ont aussi participé en 1994, au sauvetage des blessés du génocide au Rwanda et à d’autres opérations humanitaires à travers le monde.

Avant l’ouverture de ces unités de soutien à l’hôpital Rambam, l’armée israélienne avait déjà mobilisé, depuis le début de l’éruption du Covid, 150 infirmiers militaires pour les laboratoires du ministère de la Santé, 300 soldats affectés à différents hôpitaux à travers le pays, plusieurs dizaines de soldats pour les centres d’information téléphonique. Le commandement de la protection civile de Tsahal, le Pikud Haoref a déployé une antenne pour chaque collectivité locale et plus d’une vingtaine de centres drive-in de dépistage. Ce qui a permis d’augmenter considérablement le nombre de tests quotidiens, qui sont passés de 1.500 fin juillet à 50.000 par jour à la fin du mois de septembre.  Tsahal assure aussi le fonctionnement d’une vingtaine d’établissements réquisitionnés pour l’hébergement des personnes confinées et des malades ne nécessitant pas d’hospitalisation. Par ailleurs, l’armée épaule les forces de police avec un millier de soldats pour le contrôle des consignes de confinement. Au total, ce sont quelque 5.000 appelés et réservistes qui participent aux différentes missions de lutte contre le Covid.

Tsahal est également en train de mettre en place une unité supplémentaire d’enquête épidémiologique de 600 personnes, pour renforcer le travail de suivi sur l’évolution du virus et permettre de casser les chaines de transmission.

Avec l’entrée en fonctionnement des deux unités Covid installées dans les sous-sols de l’hôpital Rambam, les services de santé de Tsahal ont dû se mettre au diapason de la médecine civile. La centaine de médecins, infirmiers militaires et personnels médicaux qui participent à l’opération baptisée « Shevet Ah’im », la tribu des frères, ont suivi une formation accélérée sur les protocoles de traitement des malades et les très lourdes contraintes d’équipement et de précautions pour prévenir tout risque de contagion. Ils devraient permettre de doubler la capacité d’accueil et de traitement de patients pour le centre hospitalier de Haïfa.

Pascale Zonszain