(Crédit: ministère israélien de la Défense)

Israël livre un premier Dôme de Fer aux Etats-Unis

Les bonnes nouvelles ne se bousculent pas ces temps-ci en Israël, ce qui donne une raison supplémentaire de saluer l’annonce hier du ministère de la Défense sur la livraison de la première batterie Dôme de Fer à l’armée américaine. Les Etats-Unis ont reçu mercredi la première des deux batteries commandées. La seconde le sera dans quelques semaines. C’est la première armée étrangère à être équipée du système israélien, même si d’autres pays en ont passé commande.

Dôme de Fer reste une des réussites israéliennes les plus impressionnantes de ces dernières années. Et pourtant, tout avait commencé par un constat d’impuissance. Au début des années 2000, dans la Bande de Gaza, les groupes terroristes palestiniens attaquent les implantations  juives du Gush Katif au tir de mortier, bientôt renforcées par des tirs de roquettes artisanales. Après le retrait israélien du territoire côtier en 2005, les attaques continuent et visent des localités israéliennes de l’ouest du Néguev. La ville de Sdérot, qui subit ses premiers tirs dès 2001, est régulièrement attaquée par les milices du Hamas et leurs roquettes Qassam, qui terrorisent la population. Dans le nord, c’est le Hezbollah qui prend pour cible les localités israéliennes proches de la frontière libanaise. Le besoin devient pressant de développer une technologie qui couvre la défense aérienne des populations civiles.

En juillet 2006, c’est la deuxième guerre du Liban. Les villes du nord d’Israël sont bombardées quotidiennement par l’organisation chiite libanaise pro-iranienne. Le ministre israélien de la Défense est alors Amir Peretz, lui-même habitant de Sdérot, et aux premières loges pour comprendre ce que subit la population. C’est lui qui portera le projet du Dôme de Fer, d’abord contre l’avis des experts, qui considèrent le système trop lourd et trop coûteux. Un autre système, Nautilus, fonctionnant sur des interceptions laser, a entretemps été abandonné.

Dôme de Fer, développé par Rafael et l’Industrie Aérospatiale d’Israël, est conçu pour intercepter et détruire des roquettes et obus de courte portée. Il détecte le tir, calcule sa trajectoire et son point d’impact et détermine s’il est susceptible de frapper une cible civile. Dans ce cas, le système de défense tire un missile qui intercepte et détruit la roquette. Dans le cas contraire, il laisse le projectile finir sa course sans intervenir.

Cette technologie inédite sur ce type de défense, concentre en un seul dispositif, les fonctions jusque-là réparties sur des postes différents. Et surtout, la batterie Dôme de Fer, montée sur un camion, est totalement mobile. Il faudra à peine quatre ans à l’industrie militaire israélienne pour fournir un système opérationnel. Les Etats-Unis s’y intéressent dès 2010 et entrent dans le financement, mais ce n’est qu’en 2019 qu’ils passeront leur commande. Entretemps, la technologie s’est encore développée et affinée, pour optimiser les performances du Dôme de Fer, qui a aussi une version navale.

Dôme de Fer a permis à Israël de traverser la guerre de Gaza de l’été 2014 en continuant à fonctionner, alors que quelques années plus tôt, toute la population israélienne aurait dû passer des journées entières dans les abris. C’est dans l’adversité que les Israéliens trouvent les meilleures solutions. Ils doivent juste s’en souvenir.

Pascale Zonszain