(Crédit: Avi Ohayon/GPO)

Diplomatie israélienne, le mouvement perpétuel

Pour la diplomatie israélienne, le premier coup dur était intervenu après la guerre des Six Jours de 1967 et la guerre de Kippour d’octobre 1973. Israël avait alors vu presque tous les pays d’Afrique rompre l’un après l’autre leurs relations diplomatiques, majoritairement sous la pression des pays arabes. Tous les efforts déployés depuis les années 50 pour tisser des liens avec ces jeunes Etats tout juste émancipés des empires coloniaux et créer une proximité sur fond de coopération agronomique ou technologique, n’avaient pas résisté à l’influence du monde arabe, mais aussi à celle de l’empire soviétique qui renforçait ainsi sa zone d’influence face aux Etats-Unis.

Et c’est la chute de l’URSS au début des années 90, mais aussi le début du processus diplomatique israélo-palestinien qui ouvrent une nouvelle ère dans la diplomatie israélienne. L’éclatement du bloc soviétique permet la réapparition d’Etats d’Europe de l’est et d’Asie, disparus dans le glacis communiste, tandis que d’autres reprennent leur indépendance face à Moscou et entament ou rétablissent leurs relations avec Israël. D’ailleurs, les relations diplomatiques avec la Russie reprennent elles aussi en 1991, après 24 années d’interruption. Avec la Chine, c’est aussi l’embellie au début des années 90, après un réchauffement progressif qui avait suivi vingt ans de rupture depuis le milieu des années 50.

Avec les accords d’Oslo de 1993 entre Israël et l’OLP, on avait assisté à un premier processus de normalisation avec le monde arabe. En 1994, c’était la signature du traité de paix avec la Jordanie, deuxième pays arabe à reconnaitre Israël après l’Egypte en 1979. On assiste alors à un début de dynamique, surtout d’ordre économique. Israël ouvre des représentations ou des bureaux d’intérêt économique en Tunisie et au Maroc, et même au Sultanat d’Oman. Un épisode qui prendra fin avec l’éruption de la seconde intifada à l’automne 2000.

Depuis une dizaine d’années, la diplomatie israélienne a réamorcé une ouverture, en particulier vers l’Afrique, partiellement rétablie dans les années 80. La ligne conduite par le Premier ministre Benyamin Netanyahou visait d’abord à reprendre celle de David Ben Gourion, qui considérait qu’Israël devait mobiliser le plus de soutien possible dans les organisations internationales, où chaque pays ami serait une voix de plus pour Israël.

yEnfin, les révolutions arabes et la poussée hégémonique de l’Iran dans les pays sunnites ont aussi progressivement modifié leur perception d’Israël. Depuis 1979, la république islamique d’Iran n’est pas seulement devenue une  menace pour Israël. Mais c’est au cours des dernières années et avec sa course à l’arme nucléaire que le danger s’est fait plus pressant. Et les relations entre Israël et les monarchies du Golfe persique ont commencé à prendre forme, en dépit du boycott arabe qui restait la ligne officielle. Les pressions de l’administration Trump pour un rapprochement plus franc ont évidemment pesé dans la balance. En tout cas, une chose est claire : l’acceptation d’Israël dans le concert des nations, avec des reculs, mais aussi des avancées, ne s’arrête jamais.

Pascale Zonszain