Mahmoud Abbas Crédit: DR.

Coronavirus : l’aide d’Israël aux Palestiniens

Il n’est pas fréquent d’entendre l’Onu complimenter Israël pour sa politique envers les Palestiniens. C’est pourtant ce qu’a fait lundi Nicolaï Mladenov, l’émissaire des Nations Unies pour le Proche Orient, après une rencontre avec le ministre israélien des Finances, dont il a salué les efforts humanitaires déployés tant vis-à-vis de l’Autorité Palestinienne que de la Bande de Gaza. 

Le ministre des Finances Moshe Kahlon est notamment en train de négocier les conditions d’un prêt que l’Etat d’Israël s’apprête à octroyer aux Palestiniens, qui ont les plus grandes difficultés à trouver des fonds auprès de leurs donateurs habituels qui ont évidemment d’autres priorités. L’Arabie Saoudite a ainsi totalement cessé toute aide financière aux territoires autonomes. Le prêt consenti par Israël pourrait s’élever à environ 500 millions de shékels, officiellement comme une avance sur les recettes fiscales dues à l’Autorité Palestinienne, mais qui ne sera probablement pas remboursée. Cela devrait pourtant lui permettre de payer les salaires de ses fonctionnaires qui dépendaient de l’aide internationale qui n’est pas arrivée.

Israël a bien sûr son propre intérêt à ce que la situation économique, mais surtout sanitaire ne devienne pas incontrôlable dans les territoires palestiniens. Il y a quelques jours, une vingtaine de médecins et personnels soignants de Gaza ont pu suivre une formation dispensée par des médecins israéliens du centre hospitalier Sheba qui se sont rendus spécialement au terminal d’Erez. Un autre groupe de personnel médical de l’enclave palestinienne ont pu faire le déplacement jusqu’à l’hôpital Barzilaï d’Ashkelon, sans compter des visioconférences entre médecins israéliens et palestiniens. Israël a également fait parvenir du matériel médical à l’Autorité Palestinienne et à la Bande de Gaza, en particulier des kits de dépistage au Covid-19.

Mais les forces de sécurité israéliennes ont également assoupli les conditions de circulation des services palestiniens en Cisjordanie, pour leur permettre de mieux contrôler les mouvements de population et contenir la propagation de l’épidémie. 

Et pourtant, l’Autorité Palestinienne n’hésite pas à recevoir l’aide israélienne tout en diffusant simultanément des messages anti-israéliens auprès de sa population. C’est le Premier ministre palestinien en personne qui accuse par exemple Israël de ne pas empêcher la propagation de l’épidémie en Cisjordanie. Mohammed Shtayyeh va même jusqu’à accuser les soldats de Tsahal et les Israéliens de Judée Samarie de contaminer délibérément la population palestinienne.

A Jérusalem, on dénonce une campagne d’incitation raciste contre Tsahal et contre Israël. Les responsables de la défense israélienne ont également averti l’Autorité Palestinienne de cesser immédiatement ses mensonges et sa campagne de haine, ou d’avoir à en subir les conséquences avec une réduction drastique de la coopération sécuritaire et de la liberté de mouvement de la police palestinienne.

A ce stade, les statistiques palestiniennes sur l’épidémie de coronavirus font état de quelque 300 cas, dont une quinzaine pour la Bande de Gaza et de deux cas de décès en Cisjordanie. 

Pascale Zonszain