Tsahal (Crédit: Tsahal)

L’armée israélienne peut-elle entrer dans la guerre contre le coronavirus ?

Tsahal doit évidemment commencer par assurer la santé de ses propres effectifs. Une propagation incontrôlée du virus dans les rangs de l’armée serait extrêmement grave, considérant que sa mission est d’assurer la sécurité du pays. Comme pour toutes les autres organisations, chaque cas diagnostiqué de Covid-19 entraine des mesures de confinement des personnes qui ont été en contact avec les malades. C’est aussi pour réduire les contacts des soldats avec la population civile, que la plupart des unités qui fonctionnent en bases fermées, ont supprimé les permissions jusqu’après les fêtes de Pessah.

Parallèlement à ses opérations de défense, Tsahal doit donc tenir prêts des plans de contingence, qui lui permettraient le cas échéant, de prendre le relais des institutions civiles dans la lutte contre l’épidémie. C’est déjà le rôle du Pikoud Haoref, le commandement de Tsahal pour la défense civile. L’unité a commencé à gérer les hôtels réquisitionnés pour héberger les malades sans gravité, qui ne nécessitent pas d’hospitalisation. Elle participe également aux tests de dépistage de la population.

Si le gouvernement israélien décide d’un confinement total de la population, une mesure à l’étude et qui pourrait s’appliquer si la progression de l’épidémie ne ralentit pas, Tsahal pourrait être mis à contribution pour assister la police dans l’application du confinement. Les soldats israéliens ont déjà connu une expérience de ce type, quand ils avaient dû encadrer le démantèlement des implantations du Gush Katif, lors du retrait d’Israël de la Bande de Gaza en 2005.

Autre scénario où l’armée pourrait être impliquée : celui d’un état d’urgence sanitaire. Dans ce cas, Tsahal devrait prendre le relais des organisations et institutions qui ne seraient plus en état de fonctionner. Là encore, cela fait partie des plans auxquels les forces de sécurité israéliennes sont entrainées, pour permettre le fonctionnement des infrastructures et des équipements du pays qui auraient été par exemple, détruits ou gravement endommagés par des attaques ennemies.

Cela commence par l’activation d’hôpitaux de campagne, mais comporte aussi les communications, les transports, le ravitaillement de la population civile, voire la prise en charge de certaines administrations, tout ce que l’organisation normale n’est plus en mesure d’assurer.

Le ministère israélien de la Défense gère à travers Tsahal la plus importante organisation du pays, tant en termes de ressources humaines que logistiques. Si la gestion de la crise passait du ministère de la Santé à celui de la Défense, cela se ferait évidemment sous la tutelle et le contrôle du gouvernement. A aucun moment la prise de décision civile ne deviendrait militaire et tous les mécanismes de contrôle continueraient à fonctionner. En Israël, Tsahal est d’abord l’armée du peuple, dont l’essentiel des effectifs sont des appelés et des réservistes. Le lien entre l’armée et la population est donc très fort. La lutte contre l’épidémie est une véritable guerre. La participation de Tsahal à l’effort national serait donc logique si elle devait devenir indispensable.

Pascale Zonszain