L'économie israélienne touchée par le coronavirus (Crédit: DR)

L’économie israélienne frappée par l’épidémie

Israël, comme les autres pays atteints par la pandémie, subit les effets économiques du coronavirus. Le taux de chômage a fait un bond sans précédent, passant de 4 à plus de 18 et demi pourcent depuis le début du mois. Plus de 600.000 personnes ont fait une demande d’allocation chômage, qu’elles ne recevront pas avant plusieurs semaines et sans savoir pour quelle durée. Il faut dire que beaucoup d’entreprises se sont engouffrées dans la brèche que leur a ouverte le gouvernement, en autorisant les employeurs à mettre leur personnel non indispensable en congé sans solde, ce qui est le cas de 91% des demandeurs d’allocation. Et l’extension des mesures de confinement risque de gonfler encore le nombre de demandeurs d’emploi, qui pourrait atteindre le million d’ici la fête de Pessah dans un peu plus de quinze jours. Cela allège la charge salariale des entreprises, mais place les employés dans une totale incertitude, étant donné que certaines entreprises seront peut-être dans l’incapacité de reprendre leur activité à l’issue de la crise sanitaire. Au moins un quart et peut-être plus, des salariés aujourd’hui en chômage technique, pourraient se retrouver en chômage réel.

Et si l’Etat prend provisoirement le relais, cela ne concerne que les salariés. La situation est encore plus préoccupante pour les travailleurs indépendants, autoentrepreneurs et professions libérales. Pour eux, pas question d’allocation chômage, même s’ils cotisent tous les mois aux assurances sociales. Ils n’auront droit qu’à un versement unique de 1.200 euros et pourront aussi demander à bénéficier d’un prêt, partiellement garanti par l’Etat, sur la base de 8% de leur revenu annuel et qui ne pourra excéder quelques dizaines de milliers d’euros. Or, beaucoup redoutent de ne pouvoir honorer les remboursements s’ils ne peuvent pas reprendre leur activité rapidement.

Si la crise se prolonge, l’Etat devra donc prendre des mesures beaucoup plus importantes pour soutenir l’économie. Car il faudra non seulement injecter des liquidités, mais aussi permettre aux banques de poursuivre leur activité. La Banque d’Israël va racheter pour près de 13 milliards d’euros d’obligations d’Etat, ce qui devrait alléger le coût des crédits pour les ménages et les entreprises.

Et se pose encore le problème des secteurs les plus vulnérables, personnes âgées, survivants de la Shoah, handicapés, familles monoparentales, etc.

La bonne nouvelle, c’est que l’épidémie de coronavirus s’est déclarée à un moment où l’économie israélienne était en bonne condition. Mais même si un quart seulement de l’activité est totalement paralysé, cela affecte la productivité et la consommation. Le gouvernement a débloqué plusieurs aides d’urgence à l’attention des entreprises et des collectivités locales, mais c’est loin d’être suffisant. C’est pourquoi le Premier ministre israélien a averti le ministère des Finances : il va falloir aider la population, en puisant dans le Trésor Public, même si cela signifie creuser le déficit. Il faut permettre à l’économie de tenir et de reprendre, quand on se sera enfin débarrassé de l’épidémie.

Pascale Zonszain