Les nombreux défis de l'armée israélienne face au coronavirus (Crédit: Tsahal)

Les défis de Tsahal face au coronavirus

Les forces de sécurité israéliennes face au coronavirus ont trois défis à relever simultanément : la santé des soldats, l’aide aux services civils et la poursuite de la mission de sécurité.

Veiller à la santé de ses soldats : par définition, les conditions de cantonnement, d’entrainement et d’opération des militaires sont d’abord une affaire collective. Or, il faut bien sûr enrayer aussi la propagation du coronavirus dans les rangs de Tsahal. Même si les populations jeunes sont censées être moins touchées par le Covid-19, cela ne dispense pas de mesures sanitaires préventives. D’abord, faire en sorte que les soldats soient le moins en contact avec les civils. Tous les appelés qui effectuent leur service dans des bases fermées, sont repartis cette semaine vers leurs casernes, pour un mois sans permission. Cela devrait les isoler, au moins temporairement, des risques de propagation générale, même si le confinement du pays est déjà quasiment acté. Ensuite, les lieux et circonstances de rassemblements importants vont être limités. Les incorporations des jeunes recrues qui doivent commencer leur service militaire jusqu’à la fin du mois, se feront par petits groupes et non plus dans les grandes bases d’incorporation comme c’est le cas normalement. Enfin, les exercices et les repas seront également limités à des groupes restreints pour juguler autant que possible les risques de contagion.

Tsahal doit aussi être prêt à relayer les services civils pour l’aide à la population : c’est d’abord le rôle du Pikoud Haoref, le commandement pour la défense civile, qui doit intervenir pour assister la population en cas de destruction ou d’insuffisance des infrastructures, causées par des attaques ennemies ou des catastrophes naturelles. Les soldats du Pikoud Haoref sont entrainés à cela. A Tel Aviv et à Jérusalem, les deux premiers hôtels réquisitionnés pour accueillir les malades dont l’état nécessite de les sortir de chez eux, mais sans aller jusqu’à l’hospitalisation, sont gérés par le commandement de Tsahal  pour la défense civile. Les soldats pourront aussi assister les services sanitaires civils, type Magen David Adom pour évacuer les malades ou effectuer des tests de dépistage. Si l’épidémie devait s’aggraver, d’autres unités de Tsahal pourraient être mises à contribution.

Enfin, Tsahal doit continuer à assurer sa mission de sécurité sur le court et long terme, avec les évolutions possibles des différentes menaces selon la durée de l’épidémie et ce qu’elle peut changer dans l’agressivité de ses adversaires. Pour l’instant, la propagation de la pandémie au Moyen-Orient semble avoir un effet apaisant. Chaque pays est plus occupé à contenir le virus sur son territoire qu’à chercher à attaquer ses voisins. C’est vrai pour l’Iran, en tout cas vis-à-vis d’Israël et c’est vrai pour les Territoires palestiniens. Pourtant, une aggravation de la situation sanitaire est susceptible d’entrainer une déstabilisation des régimes de la région, voire un regain d’hostilité, sous forme d’attaques conventionnelles ou de terrorisme. Des menaces que l’armée israélienne doit évidemment être prête à affronter si elles devaient se réaliser.

Pascale Zonszain