Le coronavirus ennemi commun des 3 religions (Crédit: MDA)

En Terre Sainte, le coronavirus est l’ennemi commun des trois religions

Le coronavirus oblige à adapter différents aspects de la vie sociale pour éviter la contamination. En Israël, ce ne sont pas seulement les services sanitaires qui doivent réfléchir aux consignes à donner à la population. Les autorités religieuses ont dû elles aussi s’adresser à leur public. Mercredi, le grand rabbin ashkénaze d’Israël recommandait de ne plus embrasser de mezouza, comme le font des dizaines de fois par jour les juifs pieux, chaque fois qu’ils passent le seuil d’une pièce.

Ceux qui sont déjà en confinement parce qu’ils sont rentrés d’une zone à risque ou parce qu’ils ont été en contact avec quelqu’un qui en venait, doivent aussi adapter leur pratique religieuse aux contraintes sanitaires. Des rabbins se sont même organisés pour remplacer les endeuillés pour dire la prière du Kaddish, puisqu’ils n’ont pas le droit de se déplacer ni de réunir un mynian de dix hommes. Ne pas mettre en danger sa vie ni la vie d’autrui doit passer avant le respect des autres commandements, expliquent les rabbins des principaux courants du judaïsme israélien.

A l’approche de la fête de Pourim, les défilés traditionnels ont été annulés. Quant aux autres aspects liés à la fête, les consignes sont sans appel : pas question d’enfreindre le confinement pour remplir le devoir d’écouter la Meguila à la synagogue. Celui qui va écouter la Méguila au lieu de rester en quarantaine ou qui va distribuer des cadeaux aux familles nécessiteuses n’accomplit pas son devoir. Il enfreint la Halacha, avertit ainsi le rav Yuval Cherlow, qui affirme qu’au contraire, c’est celui qui s’abstient de respecter les rites de Pourim, pour ne pas mettre les autres en danger, qui accomplit le service divin.

Le grand rabbin David Lau a quant à lui publié des directives extrêmement détaillées sur les limitations à respecter et les dérogations à certaines obligations liées à la fête, comme écouter la Méguila à distance, si des voisins peuvent la lire par exemple dans la cour de l’immeuble, ou la dispense d’écouter la lecture publique de la paracha à l’office du shabbat  qui précède Pourim.

Pour ceux et celles qui doivent se rendre au Mikveh, le bain rituel, les consignes sont absolues : ceux qui sont en quarantaine, devront rester chez eux et attendre la fin de la période de confinement. Les Israéliens ne sont d’ailleurs pas les seuls à s’inquiéter des risques sanitaires des offices religieux.  L’Autorité Palestinienne de son côté, a déjà ordonné la fermeture des mosquées et des églises pour deux semaines et a même interdit l’entrée de son territoire à tous les touristes étrangers. Une décision inédite prise jeudi après que sept employés d’un hôtel de Betlhléem ont été diagnostiqués positifs au coviD-19, après avoir été en contact avec un groupe de pèlerins grecs. De son côté, le ministre israélien de la Sécurité intérieure a interdit l’accès des mosquées du Mt du Temple aux Palestiniens pour les prières du vendredi, afin d’éviter une propagation supplémentaire du virus. Et le patriarcat latin de Jérusalem a publié des directives à observer lors de la célébration des messes. En Terre Sainte, le virus est devenu l’ennemi commun des trois religions.

Pascale Zonszain