3 Israéliens sont atteints du coronavirus sur le Diamond Princess. Crédit: DR.

Israël face au coronavirus

En Israël, la menace du coronavirus a provisoirement remplacé celles de l’Iran et de Gaza. Cela fait plus de trois semaines que les médias suivent fébrilement l’évolution de l’épidémie dans le monde et que les autorités sanitaires multiplient les mesures pour prévenir l’arrivée de la pneumonie virale. Dès la fin du mois de janvier, les liaisons aériennes avec la Chine ont été suspendues. Les frontières ont été fermées aux ressortissants chinois et étrangers en provenance de Chine. Les Israéliens quant à eux, ont été autorisés à rentrer, mais ont dû aussitôt se mettre en condition de confinement à leur domicile pour une durée de 14 jours, temps d’incubation du virus.

Dimanche, le ministère de la Santé a étendu la mesure de quarantaine à tous les Israéliens de retour de Thaïlande, de Singapour, de Hong Kong et de Macao, qui devront eux aussi se confiner chez eux pendant deux semaines.

Pour les 15 passagers israéliens à bord du paquebot Diamond Princess, toujours immobilisé au port de Yokohama, la situation devient de plus en plus difficile. Trois d’entre eux ont été diagnostiqués positifs au virus et hospitalisés au Japon. Les douze autres devraient être rapatriés jeudi en Israël et placés en isolement au centre hospitalier Sheba de Tel Hashomer. Aucune chance en revanche que les Israéliens contaminés soient ramenés en Israël. Avec plus de 400 cas diagnostiqués sur les quelque trois mille passagers et membres d’équipage, le navire de croisière est le principal foyer d’infection hors de Chine.

Si Israël prend des mesures aussi drastiques pour contenir les risques de propagation du virus, c’est d’abord pour des raisons démographiques. Avec plus de 60% de sa population concentrée dans la zone urbaine de la plaine côtière, l’entrée du COVID-19 sur le territoire risquerait de prendre rapidement des proportions incontrôlables. Reste que la prudence du ministère de la Santé, qui est en première ligne dans la gestion de la crise, fait grincer des dents chez les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, qui doivent de leur côté gérer les frictions avec les pays concernés.

Israël n’est pas équipé pour faire face à ce type de crise sanitaire et doit s’adapter au fur et à mesure, sachant que les hôpitaux seraient rapidement débordés en cas d’apparition du virus. Donc, tout est mis sur la prévention. Les médias diffusent des consignes de prudence et expliquent ce qu’il faut faire en cas de symptômes. Lundi, les policiers se sont vu distribuer des masques de protection, à porter s’ils sont en contact avec des personnes présentant des symptômes du virus.

A ce stade, les seuls véritables risques sont d’ordre économique. Les secteurs travaillant avec des entreprises chinoises ne ressentent pas encore réellement les effets du ralentissement d’activité de la Chine, sauf la compagnie aérienne El Al,  qui doit encore réduire son trafic vers l’Asie et qui prévoit, comme d’autres transporteurs, une baisse de fréquentation supplémentaire sur l’ensemble de ses lignes. Alors en attendant une réponse médicale à l’épidémie, un millier d’Israéliens ont prié dimanche au Kotel pour la santé de la Chine et la fin du virus.

Pascale Zonszain