Le Coronavirus impacte l'économie israélienne. Source: Chabad.org/News

Le coronavirus et l’économie israélienne

Si la contagion du coronavirus n’a pas atteint Israël, l’économie du pays en revanche, est déjà touchée par ses effets.

C’est que la Chine est devenue un partenaire économique majeur d’Israël. Comme le reste de l’économie mondiale, l’économie israélienne est devenue dépendante de la production chinoise, dont c’est le deuxième marché d’importation. L’an dernier Israël a importé de  Chine pour 23 milliards 800 millions de shékels, soit environ 7 milliards de dollars. Ce qui représente entre autres 300.000 conteneurs livrés dans les ports israéliens.

Les exportations vers la Chine ont de leur côté littéralement explosé. En dix ans, elles ont augmenté de plus de 400%. La Chine est aujourd’hui le troisième client d’Israël, derrière les Etats-Unis et la Grande Bretagne. L’an dernier les exportations ont totalisé 16 milliards de shékels.

Mais Israël a aussi recours au savoir-faire de la main d’œuvre chinoise. 10.600 ressortissants chinois sont actuellement employés en Israël, dont 65% dans le secteur de la construction. Sauf que le chiffre n’est pas tout à fait exact. Un millier de ces ouvriers qui étaient repartis fêter en famille le Nouvel An chinois, ne peuvent plus revenir depuis qu’Israël a fermé ses frontières aux ressortissants étrangers ayant séjourné en Chine deux semaines avant leur arrivée. Au cours du weekend, près d’une quarantaine d’ouvriers chinois qui rentraient en Israël après leur congé, ont d’ailleurs été refoulés à leur arrivée à l’aéroport. Tandis que 1.700 autres, qui attendaient d’être relayés, se sont vus prolonger leur permis de séjour qui allait expirer. Ce sont beaucoup de ressortissants chinois qui travaillent notamment sur le chantier du tramway de Tel Aviv, qui risque de subir un retard supplémentaire.

Tous les vols directs commerciaux, mais aussi de fret entre la Chine et Israël ont été suspendus depuis la semaine dernière. Ce qui impacte le tourisme, les déplacements d’affaires mais aussi les importations, même si la majorité du trafic de marchandises s’effectue par bateau. Le commerce en ligne, dont les Israéliens sont de plus en plus friands, commence à donner des signes de perturbation, car il est acheminé par avion. La livraison des produits commandés sur Ali Express, EBay ou Amazon, qui viennent quasi exclusivement de Chine, prend du retard. Pour avoir une idée de ce que cela représente, il suffit de savoir qu’en 2019, les Israéliens ont commandé 68 millions de colis en provenance de Chine, ce qui correspond à environ 16.000 tonnes de marchandises, qui devront être désormais envoyées par bateau, entrainant des retards cumulés de plusieurs mois.

Comme dans d’autres pays dans le monde, Israël pourrait rapidement connaitre une pénurie de produits électroniques, tels que tablettes, ordinateurs, téléviseurs et smartphones. Le phénomène, inédit dans son ampleur, confirme en tout cas la mondialisation de l’économie israélienne.

Pascale Zonszain