Donald Trump et Benyamin Netanyahou à la Maison Blanche. Source: Twitter de Benyamin Netanyahou.

Jour J pour le « Deal du siècle »: les Etats-Unis et le conflit israélo-arabe, un rappel historique

Les Etats-Unis sont engagés depuis plusieurs décennies dans la diplomatie proche-orientale et en particulier dans les tentatives de règlement du conflit israélo-arabe. On se souvient évidemment de la diplomatie des « petits pas » de Henry Kissinger, le célèbre Secrétaire d’Etat des président Richard Nixon et Gerald Ford dans les années 70. Face à la Syrie et à l’Egypte, Kissinger avait tenté de poser les bases d’accords de paix avec Israël en poussant notamment Israël à se retirer des territoires conquis sur ses ennemis arabes. S’il a échoué avec la Syrie, il a en revanche permis de parvenir à un traité entre Israël et l’Egypte, finalisé en 1979 sous la présidence de Jimmy Carter.

La diplomatie américaine s’est ensuite engagée dans la voie encore plus difficile du règlement du conflit entre Israël et les Palestiniens. C’était justement la position du président Carter, qui estimait qu’Israël devait se retirer intégralement des territoires conquis en 1967 en Judée Samarie et dans la Bande de Gaza.

C’est sous le second mandat du président républicain Ronald Reagan, à la fin des années 80,  que les Etats-Unis entament un dialogue avec l’Organisation de Libération de la Palestine, et proposent une première initiative de paix israélo-palestinienne, qui sera rejetée par Jérusalem.

Avec la présidence de George Bush père au début des années 90, les relations entre Israël et les Etats-Unis connaitront des hauts et des bas. Mais à l’issue de la 1ere guerre du Golfe, c’est lui qui initie la Conférence de Madrid, première plateforme internationale à mettre en présence Israéliens et Palestiniens.

C’est avec l’administration démocrate du président Clinton, entre 1993 et 2001, que les Etats-Unis s’investissent le plus dans le règlement du conflit israélo-palestinien, avec les accords d’Oslo, qui scellent la reconnaissance bilatérale de l’Etat d’Israël et de l’OLP, créent une entité politique autonome pour les Palestiniens et organisent un retrait israélien des centres de population palestinienne en Cisjordanie et à Gaza. A cette époque, les Etats-Unis sont en position dominante dans la région et en fait la seule véritable puissance mondiale, après l’effondrement de l’Union Soviétique. Ce qui leur donne une marge de manœuvre inédite et leur permet d’être considérés comme un « médiateur de bonne foi » entre Israéliens et Palestiniens.

Pourtant, les années 90 verront aussi une recrudescence du terrorisme palestinien contre Israël qui atteindra son paroxysme avec la seconde intifada des années 2000. Les Etats-Unis continuent à pousser à un règlement du conflit qui achoppe toujours sur la question des frontières, le statut des lieux saints de Jérusalem, et surtout sur la revendication palestinienne du droit au retour des réfugiés.

Les dernières tentatives seront celles de Barack Obama, dont les relations avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou se dégraderont progressivement jusqu’à l’hostilité mutuelle. Depuis, c’est au tour de Donald Trump de s’être aliéné la confiance des Palestiniens.

A ce jour, aucun président américain n’a réussi à présenter de solution acceptable pour les deux parties. Donald Trump parviendra-t-il à surmonter ce handicap ?

Pascale Zonszain