Des soldats américains dépêchés mardi 31 décembre 2019 depuis Koweit pour sécuriser l'ambassade américaine à Bagdad (Crédits: Sgt. Robert Gavaldon, US Central Command)

Irak: les Etats-Unis envoient 750 soldats supplémentaires après la prise d’assaut de leur ambassade

Le bras de fer s’intensifie entre Washington et Téhéran, avec désormais comme théâtre d’affrontement principal l’Irak. Hier, des milliers d’Irakiens, notamment des miliciens soutenant Téhéran, ont pris d’assaut l’ambassade américaine à Bagdad. Donald Trump avait rapidement accusé l’Iran d’avoir « orchestré » cette attaque et d’être à l’origine de la mort vendredi 27 décembre un sous-traitant américain dans la base de Kirkouk, dans le nord du pays. Une batterie de roquettes avait été tirée contre cette installation militaire, très probablement par les Ketaeb Hezbollah, les brigades Hezbollah d’Irak. Dimanche soir, l’armée américaine avait bombardé en représailles des centres de commandements et des dépôts de munition de la faction pro-iranienne. Les Ketaeb Hezbollah sont rattachés aux Unités de mobilisation populaire, de plus en plus influentes au sein de l’appareil d’Etat irakien. Les frappes américaines ont causé la mort d’au moins 25 miliciens et une cinquantaine de blessés.

Mardi soir, le président américain a directement menacé la République islamique, après s’être entretenu avec le premier ministre irakien démissionnaire, Adel Abdel Mahdi. 

«L’Iran sera tenu pleinement responsable des vies perdues ou des dégâts occasionnés dans nos installations», a tweeté Donald Trump. «Ils paieront LE PRIX FORT! Ceci n’est pas une mise en garde, c’est une menace. Bonne année!», a ajouté le chef de l’état qui a également remercié les autorités irakiennes  pour leur « réponse rapide».

Donald Trump, Twitter

Téhéran dénonce « la surprenante audace » américaine

Après cette prise d’assaut, les États-Unis vont déployer 750 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, a annoncé le secrétaire d’État à la défense, Mark Esper.

De leurs côtés, les autorités iraniennes dénoncent « la surprenante audace des responsables américains ». 

« Ils attribuent à la République islamique d’Iran les manifestations du peuple irakien contre leurs actes cruels », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien. Dans un communiqué, Abbas Moussavi  met en garde Washington contre « toute réaction imprudente» et appelle Donald Trump « à revoir sa politique destructrice dans la région».

Steve Nadjar