Frappes américaines en Irak: Israël appelé à plus de retenue?

Ce week-end marque-t-il une rupture dans la réponse militaire des Etats-Unis à l’offensive iranienne au Moyen-Orient ? C’est la question que se pose les observateurs au lendemain des frappes de l’US Army contre une milice pro-iranienne. Des avions F-15 ont visé dimanche soir des cibles appartenant aux brigades du Hezbollah dans l’ouest de l’Irak et l’Est de la Syrie, notamment le quartier général de la milice dans le district de Qaim, à la frontière de la Syrie. Des entrepôts de munition et des centres de commandements ont également été bombardés. Au moins 25 combattants ont été tués et 55 blessés. Quatre commandants de la Kataib Hezsbollah ont été éliminés par ces frappes américaines.  

« Nous n’accepterons pas que la République islamique d’Iran prenne des mesures qui mettent des femmes et des hommes américains en danger », a déclaré Mike Pompeo devant des journalistes.

« Nous n’accepterons pas que la République islamique d’Iran prenne des mesures qui mettent des femmes et des hommes américains en danger », a déclaré Mike Pompeo devant des journalistes. Le secrétaire d’État s’était entretenu un peu plus tôt avec Donald Trump, dans la résidence présidentielle de Mar-a-Lago, en Floride.

Ces frappes défensives de précision, selon la terminologie de l’administration américaine, sont la riposte de Washington à une attaque à la roquette contre une base militaire irakienne à Kirkouk, vendredi, qui avait coûté la vie à un civil américain.

L’Amérique a montré « son ferme soutien au terrorisme » , selon Téhéran

Ces frappes américaines, inédites dans leur intensité contre des factions pro-iraniennes, pourraient ne pas s’arrêter là. C’est ce qu’a laissé entendre le Secrétaire à la Défense américain. « Nous mènerons des actions supplémentaires si nécessaire afin d’agir pour notre auto-défense et pour dissuader des milices ou l’Iran de commettre des actions hostiles », a indiqué Mark Esper pour qui l’opération de dimanche soir est un succès.

Des menaces auxquelles ont répondu ce matin Téhéran.  « Avec ces attaques, l’Amérique a montré son ferme soutien au terrorisme et son dédain pour l’indépendance et la souveraineté des pays, et elle doit assumer les conséquences de son acte illégal », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi.

D’un point de vue militaire, le calme n’est pas revenu dans la zone. Dimanches soir, après les prises de parole des responsables américains, 4 roquettes ont visé une base près de Bagdad où se trouvait des soldats américains. Aucune victime n’a toutefois été recensée.

Les mises en garde de l’ancien chef des Renseignements militaires israéliens

En Israël, ces derniers échanges de feu sont particulièrement suivis, alors que que Tsahal appelle de « guerre entre les guerres » contre l’Iran se poursuit.
Lundi matin, c’est le commentaire de l’ancien chef des Renseignements militaires qui suscite l’attention des médias. Amos Yadlin a publié une série de tweets dans laquelle il estime que Jérusalem doit désormais faire preuve d’une plus grande maîtrise dans ses opérations en Irak. Il  considère que les Américains ont certes « franchi le Rubicon » dimanche en dressant une ligne rouge à l’Iran. Le message de Washington à la République islamique est limpide : ne touchez pas à nos ressortissants au Moyen-Orient sous peine de représailles.

Mais celui qui est aujourd’hui le directeur exécutif de l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale,  cette nouvelle détermination américaine pourrait désormais limiter la liberté d’action israélienne en Irak où Tsahal agit notamment dans la zone Al Bukamal, à la frontière entre la Syrie et l’Irak.